Pour quelle raison un juif ne peut-il consommer des aliments cuits par des non-juifs ?

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QUESTION :
Pour quelle raison un juif ne peut-il consommer des aliments cuits par des non-juifs (décret de Bichoul Goï) ?

REPONSE :
On trouve une réponse dans Le Puits de l’Exil du Maharal de Prague (premier puits)[1] :

 » De même, pour le passage suivant, tiré du traité : Avoda Zara (37 b) : « Les légumes bouillis et les conserves pressées par des païens sont interdits. » Qu’en savons-nous ? C’est, nous dit-on, parce qu’un verset nous enseigne (Dt 2, 28) : « Les vivres que je consommerai, vends-les moi à prix d’argent; donne-moi à prix d’argent l’eau que je veux boire. ». De même que l’eau ne change pas, sous l’action du feu, de même ces légumes bouillis ne changent-ils pas sous l’action du feu. Mais ce verset, nous parle-t-il de feu ? Non, mais c’est un enseignement des Rabbins, et le verset n’est là qu’à titre de simple appui. Cela ne signifie pas que la citation biblique ne soit qu’une réminiscence et un ornement littéraire ; mais c’est de l’Ecriture que l’on a tiré une précaution prise par les Sages ; car si le verset parle de la nourriture et de l’eau, acquis à prix d’argent, c’est pour souligner que cette nourriture, dont on parle est comparable à l’eau ; les fruits, par exemple, et les légumes, ne changent pas plus que l’eau. Et le verset a pris pour exemple une chose habituelle, car une nation qui comme Israël est si différente des autres, ne saurait en aucune manière avoir rien de commun avec elles ; aussi ne leur achètent-t-elles que des denrées qui ne sont sujettes à aucune transformation ; c’est pourquoi le verset parle de cette eau qui ne change pas, et des denrées qui sont comme elle. C’est évidemment de l’allure habituelle des choses qu’il parle, et non pour édicter un précepte. De toute façon, ils en ont tiré cette mesure, prise à propos des mets cuits par des païens, de façon que la séparation de cette nation par rapport aux autres se fasse par les nourritures dont la préparation exige l’intervention humaine ; car la nourriture est le principe vital de l’homme, en tant qu’elle lui conserve la vie ; or, ce peuple est essentiellement à part des autres ; aussi des aliments qui deviennent nourriture du fait de l’intervention de l’un des membres d’un autre peuple, doivent-ils être écartés par Israël, du fait que c’est la nourriture qui maintient l’homme en vie. Il est évident qu’une nourriture, qui n’est pas préparée par quelqu’un d’un peuple étranger, n’a rien en commun avec lui ; mais celle qui est préparée par un étranger doit être écartée par Israël, faute de quoi, il naît, entre eux, association et proximité.

A cela, le verset apporte un puissant appui, encore qu’il ne fasse que suivre son sujet ; mais il étaie bien la règle qui veut que les mets cuisinés par des païens soient interdits, en tant qu’ils favorisent le rapprochement avec les païens. »

Ce qui est interdit c’est donc de se mélanger aux non-juifs. Cette mitsva construit une haie pour protéger du risques de mariage avec des non-juifs disent les Sages.

Est prohibée la consommation d’un aliment qui nécessite un processus de transformation pour être comestible et qu’on ne peut consommer à l’état cru comme une pomme de terre. Par contre, une carotte par exemple, mangeable à l’état cru ou un café (de l’eau bouillie) qui peuvent être consommés directement sans cuisson n’entrent pas dans la catégorie de ce décret de Bichoul Goï (aliment cuit par un non-juif). Cependant le Rav Ovadia Yossef rapporte d’autres arguments qui pour les uns interdisent cela et d’autres l’autorisent. Celui qui ne le fera pas par rigueur n’y est pas obligé mais il est digne de bénédiction.

NB : D’autre part le récipient qui contient ce met doit soit être un gobelet jetable, soit en verre qui n’absorbe pas le gout du lait, la porcelaine qui absorbe le lait est à priori interdite. Cependant s’il n’est pas possible de se procurer ces récipients, on peut boire dans  un ustensile en porcelaine selon certains décisionnaires.

[1] Rabbi Yehudah Loew (Le Maharal de Prague) Le Puits de l’Exil, trad. Edouard Gourevitch, Berg International, 1982, pp. 42-43

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Les femmes sont-t-elles tenues à faire le Zimmoun ?

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QUESTION :
Les femmes sont-t-elles tenues à faire le Zimmoun ?

REPONSE :
Trois femmes qui ont pris leur repas ensemble, sont dispensées  d’après la Halakha de faire le zimmoun. Cependant, c’est aussi une mitsva pour elle, de faire tout de même le zimmoun  sans mentionner le nom divin. Dans le cas où trois hommes sont présents, les femmes sont tenues de répondre  au zimmoun.

Y a-t-il un mérite particulier à inviter les convives au Bircath Hamazone ?

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QUESTION :
Y a-t-il un  mérite particulier pour celui qui invite les convives présents à entamer le Bircath Hamazone ?

REPONSE :
Celui qui invite par le zimmoun les participants au repas à prier le Bircath Hamazone  accomplit une grande mitsva, le Talmud nous fournit la preuve. En effet :

Rav Hounna dit à son fils : «  Si l’on t’invite a procéder au zimmoun  n’hésite pas une seconde, entame tout de suite l’invitation à faire le bircath hamazone.( Bérakhoth 53b)

Si parmi les assistants au repas il y a un érudit en Torah c’est à lui qu’il revient d’entamer le zimmoun;  le Cohen passe en second. Cependant,  on confie en général à un érudit en Torah le soin de désigner qui prononcera le Zimmoun.

L’invitation à faire la prière après le repas (zimmoun) est-elle obligatoire ?

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QUESTION :
L’invitation à faire la prière après le repas (le zimmoun) est-elle obligatoire ?

REPONSE :
Trois personnes qui mangent ensemble sont tenu de faire le zimmoun  le but du zimmoun  est d’attirer l’attention sur l’importance de la bénédiction de clôture du repas (bircatt hamazone)

Le zimmoun s’impose selon la halakha. Il est même interdit de quitter la table avant le zimmoun. Dans le cas où six personnes mangent ensemble, il est possible de faire deux groupes de trois  pour permettre  à ceux qui ont une urgence de partir immédiatement après le Bircat Hamazone. Par contre si autour de la table il y a 10 personnes, il ne serait pas possible de diviser. Si le nombre de personnes est de deux on doit en chercher une troisième pour faire le zimmoun.

Qu’est-ce que le Zimmoun ?

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QUESTION :
Qu’est-ce que le Zimmoun ?

REPONSE :

Lorsque 3 hommes ont consommé ensemble un repas accompagné de pain, ils sont tenus de procéder au Zimmoun avant de réciter le Bircat Hamazon.
L’un d’entre eux dit cette bénédiction :

« Nevare’h Shea’halnou Mishelo » (« Bénissons Celui qui nous a nourris »),

et les autres lui répondent :

« Barou’h Shea’halnou Mishelo Ouvtouvo ? Hayenou » (« Béni soit Celui qui nous a nourris et qui nous fait vivre par Sa bonté »).

La tradition des Sefaradim est d’introduire le Zimmoun en disant la bénédiction en araméen :

« Hav Lan Venivri’h Le-Malka ? Ilaa Kaddisha » (« Venez, bénissons le Saint Roi »)

Les convives répondent :

« Shamaïm ! » (« Le Ciel !»)

Lorsqu’on est 10 hommes, on ajoute le Nom d’Hashem dans le Zimmoun, et on procède de cette façon :
Celui qui récite le Zimmoun dit :

« Nevare’h Eloh-enou Shea’halnou Mishelo » (« Bénissons notre D. qui nous a nourris »),

et les autres répondent :

« Barouh’ Eloh-enou Shea’halnou Mishelo Ouvtouvo ?Hayenou » (« Béni soit notre D. qui nous a nourris et qui nous fait vivre par Sa bonté »),

et l’on récite ensuite le Bircat Hamazon.

La consommation des fruits mentionnés par la Torah constitue-t-elle un repas ?

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QUESTION :
La consommation des  fruits mentionnés par la Torah constitue-t-elle un repas ?

REPONSE :
La Torah a mentionné sept catégories  de fruits qui sont : le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive, et la datte. C’est ce qu’on appelle en hébreu  les chi’a minim . Certains Sages considèrent que le fait de consommer  un  des sept fruits comme un véritable repas, d’autres ne sont pas de cet avis. Car les conséquences sont différentes. Pour les Sages qui considèrent le consommateur  comme quelqu’un qui a pris un repas  et dans ce cas il peut quitter la table et revenir ceci n’est pas considéré comme un arrêt (Maïmonide)  et d’autres considèrent le fait de quitter la salle et revenir par la suite ne constitue pas un arrêt (héfssèq) et d’autres pensent le contraire. (Le Roch).

Etant donné qu’il y a un doute sur la nature de l’arrêt, les Sages préconisent de ne pas refaire la bénédiction après avoir réintégrer le local. Toutefois le Yalkout Yossef, conseille à celui qui a l’intention de revenir et de continuer à consommer les produits des sept minim  de prendre avec lui en sortant un fruit pour signifier qu’il a l’intention de revenir.

Bénédiction verre aprés verre

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QUESTION :
Dans certaines yéchivoth  on sert souvent aux étudiants, du café ou du thé. L’étudiant, avant de boire son café récite la bénédiction. Doit-il chaque fois  qu’on lui sert  un café après un café refaire la bénédiction ?

REPONSE :
Il n’est pas nécessaire de faire la même bénédiction verre après verre, une seule bénédiction couvre tous les verres de café.

Par contre, si après avoir consommé le premier verre il sort hors du local de Yéchiva et qu’en revenant on lui sert un thé ou un café le talmid doit refaire la bénédiction.

Doit-on réciter une bénédiction sur une boisson pendant un repas

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QUESTION :
Doit-on réciter une bénédiction sur une boisson  pendant un repas ?

REPONSE :
Celui qui boit de l’eau ou une autre catégorie de boisson au milieu d’un repas ne doit pas réciter de bénédiction. La bénédiction sur le pain (Motsi)  dispense la personne de toute autre bénédiction. Toutefois, certains Sages permettent la bénédiction (chéhacol) au milieu du repas en consommant une douceur quelconque pour être dispensé de la bénédiction sur toutes les boissons.

Le vin dans un repas constitue une exception, et nécessite la bénédiction Boré péri haguéfènn . En effet la bénédiction du Motsi ne dispense pas la personne  qui boit du vin.

Quiconque boit une boisson chaude au milieu du repas est dispensé de la bénédiction. Il est est toutefois recommandé de prendre la boisson chaude après la prière de clôture.(Bircath hamazone).

Gateau ou boisson en dehors des repas, bénédiction ?

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QUESTION :
Quiconque mange un gâteau ou consomme une boisson en dehors des repas normaux, est-il tenu de réciter après la brakha aharona (Al hami’hya)

REPONSE :
Il ne doit pas prononcer cette bénédiction car le birkath hamazone qu’il va réciter au repas suivant le rend quitte.
En général, quand il s’agit de bénédictions, la halakha tend vers la dispense. L’affirmation : «  Dans le doute abstiens-toi » s’applique aux bénédictions.